Mardi 8 novembre 2011
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C'est avec un plaisir non dissimulé que nous accueillons aujourd'hui le Prince de Galles, qui a accepté de nous accorder une interview exclusive.
J: Votre Altesse, merci de nous accorder cette interview. Vous êtes donc bien de retour parmis nous. Les rumeurs les plus folles courent à votre sujet, vous
savez ?
Bertie: C'est principalement à cause de ces rumeurs que j'ai décidé de vous accorder cette interview. Si au départ j'ai voulu rester discret, je ne pouvais
pas laisser dire toutes ces folles choses sans réagir...
J: C'est l'actualité qui nous impose une première question. Que pouvez-vous nous dire de l'agression de cette jeune femme dont on vous accuse dans cet hôtel
?
Bertie: La vérité est que je n'ai jamais résidé à l'Hotel Waldorf, que je n'ai jamais rencontré cette femme, Emma Watson, et que je n'étais même pas à
Londres au moment des faits. Je ne vois que deux possibilités: soit il s'agit d'une conspiration pour me nuire, mais cela paraît difficile vu le nombre de personnes impliquées, soit ce forfait a
été commis par une personne qui a su imiter suffisamment mon apparence pour tromper tous les témoins. Quoi qu'il en soit, j'ai bien l'intention de faire la lumière sur cette affaire, et je me
rendrai à la Justice dès que j'aurai suffisamment d'éléments permettant de garantir un procès équitable.
J: Sinon, il y a une autre question que tout le monde se pose: où étiez-vous durant tout ce temps pendant que votre mère était sur son lit de mort?
Bertie: Je peux vous assurer que durant mon absence, je n'avais aucun moyen de connaître la situation ici, sinon, je serais bien évidemment venu aussitôt. Je
n'ai malheureusement su le décès de ma mère et le fait que mon frère avait été couronné qu'à mon retour il y a peu.
J: Mais alors pourquoi ce secret, pourquoi n'êtes-vous pas revenu ouvertement ?
Bertie: Ayant été l'héritier légitime de ma mère, cela était un peu délicat de revenir au grand jour sans faire de l'ombre à mon frère et peut-être plonger
notre pays dans une crise sans précédent. J'ai préféré rester discret et réfléchir au moyen de servir au mieux mon pays.
J: Un tel discours ne vous ressemble guère...
Bertie: Et pourtant... J'ai eu l'occasion de beaucoup réfléchir pendant mon absence, et aussi depuis mon retour. Mon temps d'oisiveté est terminé.
Aujourd'hui, j'ai bien l'intention de m'attaquer à bras le corps aux problèmes de notre pays. Loin de moi l'idée de remettre en cause les innovations technologiques qui font aujourd'hui avancer
le pays. Mais augmenter la richesse d'une Nation ne peut se limiter à enrichir les riches pendant que les pauvres sont de plus en plus nombreux et de plus en plus pauvres, pendant que nos
campagnes sont défigurées par les déchets et la fumée. Je comprends bien les revendications de Monsieur Montague, qui sont, en partie légitimes. Mais un bon Roi sait voir au-delà de l'intérêt de
quelques-uns pour s'intéresser au bien-être de l'ensemble de ses sujets.
J: Vous parlez bien sûr de Lord Ashton Montague. Que pensez-vous de Lord Robert Montague, et de l'attentat dont il a été victime ? J'imagine que vous
n'ignorez pas que certains vous accusent d'en être responsable...
Bertie: Je ne connais pas personnellement Lord Robert. Je dois admettre que jusqu'il y a peu je ne le voyais que comme le fils de son père. Mais les
innovations qu'il a mises en place dans l'usine de Leckwith, que ce soit au niveau technique ou au niveau social, sont dans la droite ligne de ce que je soutiens. Cet attentat est une véritable
tragédie. Robert était en phase de devenir un grand homme comme notre pays en a bien besoin, et je regrette aujourd'hui de ne pas l'avoir mieux connu.
En ce qui me concerne, je condamne toute violence aveugle. Mais je serais bien stupide de m'attaquer à quelqu'un qui semble partager ma vision des besoins de
notre pays... Réfléchissons-y: qui aurait intérêt à l'éliminer ? Sans doute pas les barons de la vapeur, vu de qui il s'agissait, mais leurs "alliés" Prussiens ou de la cour Sombre pourraient ne
pas avoir les mêmes scrupules. Ou à l'inverse, des agents de cet odieux anarchiste Karl Marx, qui n'a pas intérêt à un véritable progrès social, mais qui ne vise qu'à amener le chaos qui pourrait
l'aider à prendre le pouvoir.
J'espère que tous, qu'ils soient patrons ou ouvriers voient bien cet acte de destabilisation comme ce qu'il est, comme une attaque pour nous empêcher
d'atteindre un véritable progrès, et qui devrait nous pousser non à nous entredéchirer (ce que nos ennemis souhaitent) mais au contraire à suivre l'exemple que Robert nous a montré.
Il faut que toutes les usines deviennent de nouvelles Leckwith. Celle-ci est déjà inspirée de l'usine de New Lanark que Robert Owen avait mise en place il y
a un demi-siècle. Et ces deux exemples ont bien montré que des ouvriers éduqués, en bonne santé et bien payés sont plus productifs que des ouvriers exploités. Et nous pourrons aller même plus
loin ! Associons aux usines, des épiceries sociales, des hôpitaux gratuits et des écoles ! Et pour sauvegarder notre nature, travaillons à réaliser les projets de John Adolphus Etzler. Ce
Prussien qui a quitté son pays pour rejoindre l'Amérique a expliqué noir sur blanc dans son livre comment nous pourrions utiliser nos industries en harmonie avec la Nature. Comment celles-ci
pourraient utiliser la force du soleil, de la mer et du vent au lieu de brûler du pétrole !
Voilà la voie que j'aimerais voir notre pays suivre. Et je vais faire tout ce qui est en mon pouvoir pour l'y guider.
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